Jeudi 28 janvier 2010
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Le président de la république a
décidé de convoquer les représentants des collectivités territoriales pour parler du déficit public. Objectif, une conférence sur le déficit public qui se veut un exercice de pédagogie d'après
crise et avant la mise en œuvre d'un plan d'action forcément douloureux.
Il est important de rappeler que la dégradation des comptes publics est d'abord le fait de l'Etat et de la sécurité sociale alors que les collectivités
territoriales y ont une part ridicule.
Le déficit de l’Etat, en 2009, frisera les 150 milliards d’euros. L’Etat emprunte pour assurer son fonctionnement, ce qui n’est pas le cas des collectivités qui
sont obligées d’équilibrer leur budget et d’emprunter uniquement pour financer les investissements, et ce, malgré des charges de plus en plus lourdes qui résultent des transferts de compétences
mal compensés, du désengagement financier de l’Etat qui les oblige à pallier son absence, malgré l'obligation qui leur est faite de cofinancer des investissements hors de leurs compétences comme
les LGV ou le Plan Campus, les passeports biométriques...
La totalité des régions, par exemple, emprunte, en un an, ce que l’Etat emprunte en une semaine.
Les déficits publics sont un immense problème et une véritable menace pour l’avenir de notre pays: par sa politique budgétaire et fiscale, le gouvernement a creusé
des déficits qu'il demande maintenant aux collectivités territoriales de combler.
C’est évidemment inacceptable. En conséquence, les collectivités ne participeront pas Jeudi à la conférence sur les déficits publics !
Après une réforme fiscale qui les étrangle financièrement, une réforme territoriale qui les fragilise, les ramène 30 ans en arrière et entend les priver de
légitimité démocratique, le gouvernement à travers cette conférence des déficits publics veut faire subir aux Régions et aux collectivités territoriales les conséquences de ses propres choix, le
poids de ses propres échecs.
Pour mémoire, car c’est déjà vieux, en 2002, le déficit public que la nouvelle majorité avait déjà laissé filer en fin d’année était de 3,04% du PIB. Grace à la
gabegie des gouvernements de droite et leur président, de 2002 à aujourd’hui, ce chiffre atteint 7,9%, un gouffre.
Aujourd’hui seul responsable, le président de la République tente de montrer du doigt son voisin irréprochable. C’est gamin dans la cour de l’école, c’est très
grave pour le premier responsable de la France.
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